Conception, dessin : Clémentine Poquet
Texte : Wladimir Anselme

C’est un voyage à travers les déserts, un road-movie à mobylette le long d’une rivière de pétrole, un western revisité, à la fois drôle et poétique,
qui retrace les aventures de S., anti-héros déraciné et solitaire.
Origine du projet

 

En 2017, Clémentine Poquet réalise une série de dessins intitulée “Le Déplacement des dunes”, qui évoque une guerre intime, inspirée de la véritable histoire de S.

Elle propose à Wladimir Anselme, auteur de fictions radiophoniques, d’écrire avec elle cette histoire. Ensemble, ils imaginent Coaltar, une murder ballad qui retrace le parcours de son personnage éponyme, un anti-héros déraciné et solitaire.

À travers un dispositif volontairement dépouillé, à la manière d’un vieux blues, ils explorent différents langages (dessins fixes et animés, vidéo-mapping, musique, chant, conte…) qui s’entremêlent et se répondent au service du plaisir simple de raconter une histoire.

COALTAR est entièrement dessiné au fusain, d’après prises de vue réelles. Les textes sont racontés sur scène, en interaction avec les dessins vidéoprojetés.

L’histoire

 

Maladroit, couard, tendre, asocial, menteur, joyeux, candide, mégalo, S. a une blessure profonde marquée sur son visage, sa propre guerre, mais de ça il ne parle pas. En quête de sa propre histoire, il parcourt les déserts post-industriels, parsemés d’îlots d’habitations, en longeant une rivière de pétrole, afin de s’inventer un passé, un territoire qui pourrait avoir été le sien. Il y a une autre guerre, une vraie avec des obus et des populations déplacées, des ruines, des pénuries, mais à ça, il ne prête pas attention. Au fil de rencontres hasardeuses et volontiers surréalistes (l’homme à la jambe prise dans un piège à renard, l’homme poursuivi par un essaim d’abeilles…), il se heurte à d’autres solitudes – qui chacune occupe sa propre illusion. Les illusions s’effleurent et parfois s’accompagnent mais ne s’interpénètrent pas. Bien sûr, il ne voit pas ça non plus. Lui, il fonce sur sa mobylette, vivant de rapines, tout en jouant au retour du fils prodigue, dans un pays qui n’est pas le sien.

Un pays qui n’est pas un pays

 

Il y a des dunes, des ruines industrielles, des puits de pétrole, des fermes isolées, de grandes étendues sans nom dont la mer s’est retirée, l’or noir ruisselle sous les pieds, les villes surgissent au milieu de nulle-part, toutes les villes se ressemblent et tous les panneaux de direction indiquent « nulle-part ». Le vent grince, le vent parfois rapporte de vieilles chansons soviétiques qui déchirent le cœur, le vent déplace les dunes et tout est toujours à recommencer.